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RDC : Journée de la Femme ou journée du pagne PDF Imprimer Envoyer
Politique et Société
Jeudi, 11 Mars 2010 11:41

– Habillement  traditionnel entre engouements et  dérives de l’intransigeance

 

Kinshasa, le 11 mars 2010 – (D.I.A.) – Les rues de Kinshasa la capitale de la République Démocratique du Congo ont vu, ce lundi 08 mars, les jeunes femmes et jeunes élèves (parfois très, très jeunes, jusqu’au niveau des fillettes de la maternelle !) revêtues des pagnes alors qu’elles sont habituellement en jupe ou plus souvent en pantalons. L’engouement a été au rendez vous avec le chatoiement des pagnes dans toutes les rues et places publiques et particulièrement dans les écoles pour filles. Cette  date célébrée dans le monde comme Journée Internationale de la Femme a donné l’occasion à la jeune Congolaise d’arborer un habit habituellement porté par les femmes adultes.

 

 

En RDC, les autorités nationales ont tenu  à célébrer cette année sous le thème « Le progrès pour tous par la parité homme femme dans un Congo cinquantenaire ». Ce thème a voulu illustrer de façon particulière l’engagement local pour la promotion de la parité au pays d’après les nombreux discours des officiels congolais. Dans le monde, les Nations Unies ont retenu comme  thème d’année « Egalité des droits, l’égalité des chances : un progrès pour tous ». Toutefois les efforts de communication des responsables tant nationaux qu’internationaux ne semblent pas  avoir atteint, à priori, la grande masse  des jeunes filles de la capitale. Beaucoup de filles  ont fait montre d’une grande ignorance des thèmes retenus pour 2010. Quelques jeunes universitaires ont cependant répondu de façon correcte aux questions de l’agence DIA en cette mémorable journée du moins pour le thème national.

 

Toute jeune fille a néanmoins répondu avec aisance sur le sens du  pagne porté le 08 mars. D’aucunes ont expliqué la valeur attribuée au pagne comme signe et richesse de la culture locale tandis que d’autres ont parlé de la vertu de l’éducation des futures femmes que sont toutes les filles. Le port du pagne procure une certaine dignité à la jeune femme a même affirmé une quinquagénaire. Beaucoup de jeunes gens prompts à siffler les filles dans les  rues de Kinshasa  ont proféré des larges commentaires élogieux en faveur des passantes.

 

– Des dangers du milieu et de l’intolérance de l’entourage

 

D’autres sons de cloches ont néanmoins fusé çà et là, telle la pensée de cette femme exerçant  un travail en ville. Elle a exprimé  la crainte du harcèlement qui risque de s’instaurer sur la jeune fille à peine adolescente dont les formes anonymes dans l’uniforme scolaire sont brusquement ressorties dans des pagnes pour adultes. Le même raisonnement a été avancé par un quadragénaire qui a affirmé que la confusion entre filles mineures et majeures en pagne, au cours de la journée célébrant la femme, risque d’amener certains à conter fleurette à des adolescentes. Des parents ont  aussi exprimé de l’inquiétude face au programme scolaire particulièrement perturbé en ce jour. Des élèves filles en pagne d’adulte quittent l’école plus tôt que dans l’horaire habituel et passent nombre d’heures dans les rues en montrant leurs riches accoutrements. Certaines d’entre elles sont rentrées plus tard à la maison sans explications plausibles aux parents.

 

En la Journée de la Femme , certains Kinois en ont profité pour faire montre de misogynie qui  a cours dans des milieux de basse classe. Quelques rares jeunes filles en pantalons ont été sifflées parfois huées pour ne pas dire insultées parce qu’elles n’ont pas été au goût du jour. Des rares intellectuels ont eu beaucoup de mal à défendre la liberté d’habillement, et quelque soit le jour,  dans ces cercles aux opinions très tranchées. Des agents de l’ordre, en poste à la grande place du Rond Point Victoire, au centre névralgique de Kinshasa, ont même procédé à quelques interpellations des filles et jeunes femmes en pantalons. Elles ont obtenu leurs libérations moyennant l’éternelle ‘transaction financière en coulisse’.

 

Le grand défilé des femmes sur le Boulevard Triomphal à Kinshasa ne semble pas avoir signifié grand-chose pour certains groupes et pour certains agents de l’Etat habitués aux antivaleurs. Mme Marie Ange Mufuankolo, ministre du Genre, de la Femme et de l’Enfant a présidé le défilé du jour qui a duré plus de quatre heures. (Agence catholique D.I.A. www.dia-afrique.org )