| RDC : Cardinal Malula communicateur |
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| Eglise et communauté réligieuses |
| Jeudi, 11 Mars 2010 10:35 |
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– Premières journées en hommage au premier Cardinal archevêque de Kinshasa
Kinshasa, le 11 mars 2010 – (D.I.A.) – Dans sa conférence intitulée, « Le cardinal Malula, communicateur. Les défis de la vérité » le professeur Lino Pungi, de l’Université catholique du Congo, a reconnu le leadership de Malula à travers une vision de l’Eglise et de l’organisation de l’Archidiocèse, le sens de l’excellence (principe de l’émergence), le sens de la valorisation de l’autre. Il a ajouté le sens de la subsidiarité, l’écoute et le sens de l’image de qualité. Le professeur Lino Pungi, parmi les orateurs conviés aux premières Journées cardinal Malula à Notre Dame du Congo, a fait savoir que les perspectives pastorales se résument dans « une Eglise davantage communiquée et communicante, davantage des communautés que des assemblées anonymes et une Eglise engagée dans la gouvernance participative ».
Le professeur Lino Pungi de l’Université catholique du Congo a déclaré qu’il s’agit d’un thème peu habituel, notamment en ce qui concerne la dimension de la communication, laquelle dimension oriente vers la personnalité profonde du Cardinal Malula. Pour développer ce thème, tout de même complexe, il s’est appuyé sur trois postulats ; le premier, la communication est inhérente à l’homme. On ne peut pas communiquer, le second, le Christ est le Parfait communicateur et la vérité rend libre. Enfin le troisième ‘Le Christ est la vérité et la lumière du monde’
Alors que le degré de la communication varie d’un individu à l’autre a affirmé le professeur Pungi « Le cardinal Malula peut être considéré comme quelqu’un qui a eu un très haut degré de communicabilité. » Sans revenir en détails sur son parcours historique ni encore sur ses écrits, le professeur a révélé quelques indicateurs significatifs de cette communicabilité qui, à ses yeux, est à la base de son rayonnement. Qu’en est-il concrètement du Cardinal Malula ? Pour répondre à cette question, l’orateur a proposé une grille de points de vue basée sur une typologie de la communication qui part de l’explicite à l’implicite, du visible à l’invisible.
Pour ce faire le professeur Pungi a évoqué différents points de vue comme ceux de la communication publique, de la communication personnelle, de la communication institutionnelle et de la communication intrapersonnelle. Du premier point de vue le professeur Lino a déclaré que tous ceux qui ont connu le cardinal Malula, lui reconnaissent entre autre être maître de la rhétorique, dans le sens stoïcien c'est-à-dire comme l’art de bien discourir, qui requiert une moralité. « Le cardinal Malula était plutôt de l’école de Cicéron voir saint augustin. Il parlait avec une éloquence remarquable, un vocabulaire riche et approprié », affirme l’orateur. « Un tribun, qui se remarquait notamment par ses interventions dans les conférences et diverses assises : les semaines théologiques aux Fck mais également, d’après plusieurs sources, dans les assemblées épiscopales. Pour les diocésains de Kinshasa, le synode diocésain et même déjà les ‘Semaines des intellectuels’ furent des lieux de manifestation de cette rhétorique qui ne laissait personne indifférent ».
Le professeur Lino Pungi à travers son mot a reconnu le franc parler du cardinal. De manière générale, il a retenu son franc parler à l’égard des pouvoirs établis. « Avant l’indépendance, c’était le pouvoir colonial, peu après l’indépendance c’était le risque communiste athée et après c’était le pouvoir totalitaire de Mobutu, pourtant un catholique ». Mais le franc parler a concerné également l’Eglise ad intra. Un exemple parmi tant d’autres est sa lettre aux prêtres pour le Carême de 1975. « Nous sommes une Eglise des pêcheurs, dit-il ». Le cardinal avait invité chaque prêtre à la pénitence afin de bénéficier d’une indulgence.
En citant Mgr Moke, le professeur Lino Pungi a relevé l’esprit de réconciliation du premier cardinal congolais. Quelqu’un qui n’est pas rancunier, haineux mais qui sait pardonner et relancer une relation, relancer la communication après un malentendu ou un conflit. Et de citer « A 11 ans, Malula et Moke se sont bagarrés, ce dernier a mordu l’autre, simplement parce qu’au départ Malula ne faisait pas partie du groupe déjà constitué. Mais l’incident n’a pas empêché qu’ils continuent de cheminer ensemble ». Dans un autre exemple, le professeur a cité Mobutu, pourtant catholique de son état qui a tenté d’humilier le cardinal Malula par une cascade d’articles et émissions dans les médias, dont la célèbre « carte blanche ». L’archevêque de Kinshasa partit en exil après avoir été expulsé et exproprié de sa résidence officielle. Mais quand il revint, il pardonna et reprit contact avec Mobutu mais sans se compromettre.
Du point de vue interculturel, a repris le professeur Pungi, le cardinal Malula était muluba de par son père et mongo de par sa mère. « Les deux parents se sont connus à Boma, dans le Bas-Congo. Il a vécu l’enfance et une bonne partie des études secondaires à Kinshasa, a fait le petit séminaire à Mbata Kiela, au Bas-congo (diocèse de Boma) poursuivi les études secondaires à Bolongo (Equateur) avant de se retrouver au grand séminaire de Kabwe (Kasaï). Après l’ordination, les débuts du ministère sacerdotal ont eu lieu au Petit séminaire de Bokoro, dans la région du lac Mayi Ndombe ». Le professeur a affirmé que toutes ces pérégrinations ont forgé une âme interculturelle qui va constituer un atout pour l’exercice de son ministère à Kinshasa, une ville cosmopolite dès sa fondation ainsi que de sa position géographique, notamment comme terminus du trafic fluvial. « Du point de vue de la communication intra personnelle, en voyant vivre le cardinal Malula, en l’entendant parler, en lisant ses écrits et surtout avec ce recul du temps, le professeur lino Pungi a déclaré que l’on peut se rendre compte qu’il vivait une communication intérieure très nourrie avec l’au-delà de son être, à savoir Dieu ». (Agence catholique D.I.A. www.dia-afrique.org )
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